Tentation de Christ

28/08/2014 18:13
Tentation de Christ. Cette expression désigne les 40 jours que Jésus a passés dans le désert après son baptême et pendant lesquels il a été éprouvé par le diable (#Mt 4:1-11 ; #Mr 1:12-13 ; #Lu 4:1-13). Le lieu traditionnel de la tentation est une montagne aride à une dizaine de km au nord-ouest de Jéricho, mais la tentation a aussi pu avoir lieu sur l’une des falaises bordant la mer Morte, non loin de Qumrân. Pour Jésus la première tentation a été d’utiliser sa puissance divine pour répondre à ses propres besoins physiques (changer des pierres en pain). Allait-il utiliser les prérogatives de sa divinité pour surmonter toutes les difficultés inhérentes à la nature humaine ? Donc : était-il un homme véritable ou avait-il seulement pris une apparence humaine ? Son royaume serait-il destiné avant tout à satisfaire les besoins physiques ? serait-il « de ce monde » (#Jn 18:36) ? La seconde fois, en suivant l’ordre de Matthieu, il s’agissait pour lui d’accomplir un acte extraordinaire (sauter en bas du Temple) afin d’amener les gens à la foi et à l’obéissance. En même temps, ce test devait démontrer sa foi en Dieu. Mais Jésus ne consentait à se départir de la volonté de Dieu ni dans le domaine matériel, ni dans le domaine spirituel. Se placer volontairement dans une situation dangereuse n’est pas un signe de foi mais une provocation de Dieu. Dans la dernière tentation, Satan proposait de donner à Jésus la domination du monde à condition qu’il l’adore. Cette tentation mettait en question le but de sa venue dans ce monde. Jésus est venu « pour chercher et sauver ce qui était perdu » (#Lu 19:10) et ce salut ne pouvait se faire que par la croix et non par une domination politique sur un monde pécheur et perdu. Dans tous les cas, l’Ennemi cherchait à empêcher l’activité messianique de Jésus, car il savait que la mort du Christ serait à l’origine du salut des hommes et, par conséquent, réduirait à néant sa puissance à lui. 
 
      Le récit le plus court (Marc), qui est peut-être un abrégé de la tradition orale recueillie par Matthieu et Luc, contient un détail ignoré par les autres synoptiques : la présence des bêtes sauvages. Elle indique que l’endroit n’était pas le lieu idéal pour une contemplation sereine. Il s’agit probablement du désert de Judée auquel #Mr 1:1-11 fait allusion, peut-être faut-il voir aussi dans l’arrière-plan l’association du désert à l’activité démoniaque (cf. #Lu 11:24). 
 
      La différence principale entre Matthieu et Luc est l’inversion des deux dernières tentations. Les spécialistes donnent la préférence de l’authenticité au récit de Matthieu : 
1. Lui seul utilise tote (puis) pour lier les deux premières tentations (#Mt 4:5, à la place du kai de #Lu 4:5),
2. Luc a souvent remanié un ordre chronologique pour des raisons théologiques ou littéraires ; ici, le fait de placer la seconde tentation en dernier lieu, comme la tentation suprême, semble être en relation avec sa valorisation du Temple comme lieu de l’activité salvatrice de Dieu.
3. On a aussi fait le parallèle de l’ordre de Matthieu avec un midrach (commentaire) de #De 6:5 qui associe à « aimer Dieu de tout ton cœur » : « en dépit de tes appétits physiques », à « de toute ton âme » : « même si tu devais perdre ta vie » et à « de toute ta force » : « même s’il te fallait abandonner tout ce que tu possèdes » (Berakoth 9.5).
 
      La tentation du Christ illustre certains aspects de la tentation : alors que c’est Satan le Tentateur, l’Esprit de Dieu peut amener une personne dans une situation où elle se trouvera face à face avec la tentation (#Mt 4:1). Cette tentation trouve parfois un allié dans un besoin personnel (#Mt 4:2-3). Le Tentateur sait fort bien nous remémorer des passages de l’Écriture (#Mt 4:6), mais Jésus rétablit la vérité en citant aussi l’Écriture, prenant ses répliques dans un livre aujourd’hui contesté (#De 8:3; 6:16; 6:13) en donnant à ces paroles une autorité incontestablement divine. Les trois tentations ne mettaient pas la messianité de Jésus en question, mais elles lui proposaient des moyens de la démontrer et de la mettre en œuvre, qui se trouvaient à l’opposé du chemin de Dieu : la croix. Les besoins et les désirs suggérés n’étaient pas mauvais en eux-mêmes, seule leur prééminence sur la volonté de Dieu faisait d’eux un pêché (cf. #Ja 1:14-15). C’est ce que Jésus a constamment refusé. On a fait le parallèle entre les trois tentations et celles auxquelles Ève a été confrontée (#Ge 3:6) et que Jean rappelle dans son épître (« convoitise de la chair, convoitise des yeux et orgueil de la vie » : #1Jn 2:16). Dans la « Légende du grand Inquisiteur » (dans les Frères Karamozov), Dostoïevsky a relevé que ces trois tentations sont celles que l’Église n’a pas toujours su refuser au cours de son histoire : la prédominance de la satisfaction des besoins matériels, le miracle visible pour contraindre à la foi et la domination politique. Au cours de son ministère, Jésus fut souvent tenté (ou éprouvé) d’autres manières : par les questions captieuses posées par les Juifs (#Mt 19:3; 22:15-18 ; #Lu 11:53et suivant), par leurs demandes de signes (#Mt 12:38; 16:1 ; #Lu 11:16) et par les suggestions de ses frères (#Jn 7:2-5) que l’on peut rapprocher de la deuxième tentation et par la foule qui voulait le faire roi (parallèle à la 3e tentation : #Jn 6:15). Satan revint à la charge à Gethsémané pour lui suggérer d’éviter la croix (#Lu 22:44) et jusque sur la croix lorsque les Juifs l’accusaient de ne pouvoir se sauver lui-même (#Mt 27:42). #Hé 2:18; 4:15 rappellent que Jésus fut tenté comme nous en toutes choses par ce qu’il a souffert. Il fut tenté mais « sans péché ». Cette déclaration ne signifie pas qu’il ne fut pas tenté par le péché  —  sinon il n’aurait pas été tenté « comme nous en toutes choses », mais que dans la tentation, et malgré elle, il ne commit jamais de péché. La réflexion théologique sur la tentation de Jésus doit éviter deux erreurs opposées : 
1. que Jésus n’aurait pas pu céder à la tentation et tomber dans le péché, car alors il n’aurait pas vraiment partagé la nature humaine (même Adam avant la chute avait la possibilité de pécher : il l’a bien démontré) ;
2. que, puisqu’il pouvait être tenté par le péché, Jésus avait donc une nature pécheresse, car dans ce cas il n’aurait pas pu faire l’expiation de nos péchés (#Hé 2:17). La nature pécheresse n’est pas nécessaire à la parfaite humanité (cf. Adam avant la chute). « Jésus aurait pu pécher mais il n’a certainement jamais voulu pécher » (M. Erickson). La réalité de la tentation démontre l’ampleur du risque encouru par le Fils de Dieu en prenant sur lui la nature humaine.
 
 
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